● QUI ? Delphine Barrais et Tiphaine Réto, deux journalistes indépendantes.

● QUOI ? Un web-reportage multimédia.



● OÙ ? Zanzibar, archipel tanzanien dans l'Océan Indien.

● QUAND ? Du 5 au 25 février.


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Du bois d’ébène dans les veines

Comptoir d’épices et d’ivoire, Zanzibar fit aussi sa fortune sur le commerce d’esclaves.

Lorsqu’en 1698 le sultanat d’Oman prend le contrôle de l’archipel, l’île d’Unguja vit alors de la culture de la datte. Un type d’exploitation demandant une main d’œuvre importante. L’Islam interdisant à tout musulman de réduire un autre musulman en esclavage, les sultans iront chercher leurs « ouvriers » parmi les peuples du continent.

En quelques années, plus de 5000 esclaves vivent et travaillent sur l’archipel. Mais le commerce des esclaves est trop juteux pour s’en tenir aux terres zanzibarites. Très vite, Zanzibar devient une plaque tournante du « bois d’ébène ».

Arrivés par bateaux de 200 hommes et femmes, les esclaves sont ensuite vendus à des marchands perses, indiens ou des Mascareignes.

Vers 1744, on estime à 3000 par an le nombre d’esclaves transitant sur Zanzibar. En 1840, alors que les Etats-Unis, le Royaume Uni, l’Espagne et la France ont déjà interdit le commerce d’êtres humains, 13 000 esclaves foulent le sol de Zanzibar. Ils amènent avec eux l’ivoire servant à fabriquer les touches des pianos et les queues des billards de l’Occident. Ils travaillent aussi, essentiellement, pour la prospérité des exploitations de girofliers de l’île.

Il faudra attendre 1890 pour que l’esclavage soit aboli à Zanzibar. La plupart des esclaves sont restés vivre sur l’archipel.

Sur l’emplacement de l’ancien marché aux esclaves se dressent aujourd’hui une église catholique.

posted : Wednesday, March 25th, 2009